Maintenir la santé animale sans intervention thérapeutique est un défi de taille en production biologique. La majorité des antibiotiques utilisés en production biologique est utilisée pour guérir les mammites. La santé de la glande mammaire est un problème majeur autant en production conventionnelle que biologique et c’est ce qui a motivé plusieurs pays européens à participer à un projet portant sur quatre différentes études liées à la santé mammaire.
 
La première étude est une enquête comparative sur l’usage d’antibiotiques pour le traitement de la mammite dans des troupeaux biologiques à faibles intrants et conventionnels. L’information concernant la gestion d’élevage, les traitements vétérinaires et l’impact de la gestion sur la qualité du lait a été amassée par des questionnaires et des échantillons de lait pris à cinq reprises durant l’année. D’après les résultats, les vaches sous gestion biologique ou à faibles intrants reçoivent beaucoup moins de traitements antibiotiques que les vaches sous gestion conventionnelle. Ceci peut s’expliquer par un taux de mammite plus faible, une réticence élevée des producteurs à utiliser des antibiotiques et par des méthodes de prévention efficaces.
 
La deuxième étude évaluait dans un premier temps l’influence de la gestion sur la santé du pis. En second lieu, différents traitements alternatifs au tarissement ont été comparés. L’analyse des résultats a mis en évidence cinq facteurs qui peuvent affecter la santé du pis : la race, le pâturage en montagne, les veaux nourris de lait contaminé, la litière dure et l’égouttage en fin de traite. Au niveau des traitements alternatifs, le traitement homéopathique au tarissement n’a pas amélioré la santé du pis lorsque comparé au groupe contrôle non traité. Les scellants à trayon sans antibiotique n’avaient aucun effet sur les mammites. On a observé que les traitements homéopathiques au tarissement se sont avérés efficaces lorsque le CCS était inférieur à 200 000 c.s./ml. Les traitements homéopathiques ont montré un effet positif lors d’infections par les Staphylococcus spp. par une baisse de 11,4 % des infections après le vêlage. Cette baisse a aussi été remarquée dans les troupeaux sans traitement alternatif, mais elle était moins prononcée.
 
Le troisième projet consistait à comparer des génisses nourries sous la mère avec des génisses nourries à la chaudière avec du lait entier ou un lactoremplaceur dans le but d’évaluer le développement du veau, ses performances futures ainsi que la santé de la glande mammaire. Aucune différence entre les deux groupes de veaux n’a été observée tant au niveau de la croissance qu’au niveau de la santé de la glande mammaire.
 
La dernière étude, réalisée à l’aide d’un questionnaire, évaluait des changements dans la gestion de la santé du pis sous différents climats. On a remarqué beaucoup de variation des CCS entre les pays car les objectifs étaient différents. L’amélioration de la santé de la glande mammaire durant l’année du programme dépendait du taux initial des cellules somatiques. Les troupeaux à faible taux de cellules ont peu amélioré leurs résultats comparativement aux troupeaux ayant des CCS plus élevés.
 
Ce projet conclut que la gestion préventive s’est avérée efficace pour maintenir la santé de la glande mammaire. On note que les traitements alternatifs sont pas toujours efficaces ce qui renforce le besoin de poursuivre la recherche pour approfondir les connaissances à ce sujet.