Plusieurs facteurs peuvent causer des mammites, par exemple les conditions d’hygiène, le logement ou la gestion d’élevage. Le stress influence aussi le décompte des cellules somatiques car un animal stressé est généralement plus susceptible à la maladie. La relation humain-animal peut affecter le niveau de stress de la vache de façon positive ou négative. Pour bien comprendre l’effet de cette relation sur la santé de la glande mammaire, une étude a été conduite en Suisse sur 46 troupeaux comportant différentes races de vaches. Les troupeaux à l’étude comptaient en moyenne 27 vaches logées en stabulation libre avec une salle de traite. Elles avaient toutes un accès à l’extérieur l’hiver et allaient au pâturage l’été.
 
La relation humain-animal a été évaluée par l’observation du comportement de la personne qui effectue la traite, du comportement de la vache durant la traite et de la distance de fuite de la vache dans l’étable. Cette étude comportait un questionnaire pour évaluer la gestion d’élevage ainsi que diverses observations à la ferme. La santé de la glande mammaire a été étudiée en fonction des quatre variables suivantes:
 
  • Le comptage des cellules somatiques de la dernière année;
  • Le taux de nouvelles infections mammaires;
  • Le pourcentage de quartiers à plus de 100 000 cellules/ml;
  • Le pourcentage de quartiers infectés par la mammite (analyse en laboratoire).
 
Les interactions positives du trayeur durant la traite sont le facteur qui a démontré la plus forte association avec la santé du pis. Les actions tactiles ou verbales posées de façon positive ont été reliées à une baisse du CCS, à un pourcentage plus faible de quartiers à plus de 100 000 cellules/ml ainsi qu’à un pourcentage plus faible de quartiers infectés. Ces interactions positives ont permis de réduire la peur des vaches face à l’humain diminuant ainsi le stress de l’animal ce qui a entraîné une meilleure réponse immunitaire. Dans un même ordre d’idée, les vaches traitées de façon aversives ont montré un nombre plus élevé de ruades, une accélération des battements cardiaques et une augmentation du lait résiduel lors de la traite en présence de cette personne.
 
Les nouvelles infections n’ont pas été reliées à la relation humain-animal, mais plutôt à des éléments de gestion tels que le manque d’hygiène et la contamination par des agents pathogènes. Les nouvelles infections ont été influencées par la race, les ruades, l’infiltration d’air lors de la pose de l’unité de traite et par la ségrégation des vaches malades. Concernant la race, les vaches de race Holstein se sont avérées plus à risques aux nouvelles infections. Ceci est expliqué par une moins grande robustesse du pis face aux infections dues à la pression de sélection pour des trayons plus courts et une grande rapidité de traite. Les ruades et l’infiltration d’air lors de la pose de l’unité de traite sont également reliées aux nouvelles infections. Lorsque l’unité de traite tombe au sol suite à une ruade, l’air et les saletés environnantes peuvent être adsorbés et infecter les quartiers sains. Le dernier facteur affectant les nouvelles infections est l’isolement des vaches malades. Les nouvelles infections se sont avérées moins fréquentes lorsque les vaches malades étaient séparées du troupeau car la propagation des microbes est ainsi diminuée.
 
Pour le logement, les vaches qui avaient une aire de couchage supérieure aux recommandations avaient plus de quartiers affectés par la mammite. Ces infections pourraient être causées par l’augmentation de la saleté dans l’aire de couchage étant donné que la vache n’est pas obligée de reculer avant de déféquer.
 
Ces résultats démontrent bien la nature multifactorielle de la mammite. Les effets des comportements positifs sur la santé du pis se sont avérés importants. Ainsi, une relation positive avec les vaches lors de la traite est donc à privilégier. On note également que les effets de la gestion du troupeau sont importants pour prévenir les nouvelles infections.
 
Traduit et adapté de la référence suivante: