L’Ostertagia ostertagi et le Cooperia spp. sont deux parasites gastro-intestinaux retrouvés en grand nombre en Nouvelle-Zélande. Le développement des larves est fortement influencé par la température. Les étés secs et les hivers froids ont un effet répressif sur leur développement tandis que les conditions humides leurs sont favorables.  La quantité de larves infectant le pâturage est bi phasique avec un pic d’éclosion à l’automne. Afin d’éviter l’infection,  l’usage de produits antiparasitaires est de routine en régie conventionnelle. Sous régie biologique, ces produits sont interdits par l’USDA sauf en cas de traitement indiqué par un vétérinaire.

L’Université de Massey en Nouvelle-Zélande, a mis sur pied un projet de recherche qui développe des systèmes de pâturage permettant de diminuer ou d’éliminer l’utilisation de produits antiparasitaires chez les sujets de remplacement. Un point intéressant de ce projet est qu’il compare les performances au pâturage d’un troupeau biologique avec celles d’un troupeau conventionnel.

La stratégie consiste à faire pâturer les veaux autour des installations de traite jusqu’à 18 semaines.  Les veaux sont ensuite transférés dans des champs ayant servis aux cultures de fourrages. Au tout début des pluies automnales, il est important de les déplacer lorsqu’ils sont dans des parcelles humides. Il est aussi primordial de respecter les rotations à cette saison car c’est le pic d’éclosion des larves. L’apport de suppléments alimentaires dans les champs plus pauvres est recommandé pour conserver un bon gain de poids. Lorsque les parcelles ne sont pas pâturées correctement, les animaux plus vieux peuvent suivre la rotation des veaux et ainsi pâturer les refus des plus jeunes.  Une faible densité de veaux est préconisé afin d’empêcher une pâture trop courte des parcelles. La plus grande différence remarquée entre les régies biologiques et conventionnelles est justement au niveau de la densité au pâturage durant l’automne et le début de l’hiver. Les veaux conventionnels font du pâturage en bande ce qui maximise l’ingestion de la repousse par température froide cela maximise également les risques d’ingestions de larves en cas de contamination.

En conclusion, ces recommandations ont permis d’élever les sujets de remplacement sans usage de produit antiparasitaire tout en ayant un poids à la saillie et au vêlage similaire à ceux élevés en régie conventionnelle.


Référence : “Grazing Strategies to Prevent Parasitism of Organic Dairy Calves” – p. 437 des Actes de la 2e conference IFOAM sur l’élevage biologique