L'Urée du lait, en bref 

L’urée est une petite molécule soluble dans l’eau, produite principalement par le foie. Le foie produit l’urée
dans le but d’excréter les surplus d’azote provenant soit du métabolisme protéique de la vache, soit de l’ammoniac provenant du rumen. Cette dernière source est généralement la plus importante. L’urée produite par le foie est ensuite transportée dans le sang vers les reins, où elle sera filtrée et transférée à l’urine, constituant alors la principale forme d’excrétion de l’azote. Comme l’urée est soluble dans l’eau, lorsqu’elle est en circulation sanguine, sa concentration tend à s’équilibrer entre le sang et les autres fluides du corps, notamment la salive et le lait. L’urée de la salive peut être recyclée vers le rumen et y être utilisée comme source d’azote pour les microorganismes. Dans le cas du lait, cet équilibre nous permet d’utiliser la concentration d’urée dans le lait comme reflet de la concentration d’urée dans le sang. La concentration sanguine fluctue au cours de la journée, notamment en fonction des repas. Comme nous prélevons le lait deux (ou trois) fois par jour, la concentration d’urée dans l’échantillon d’une traite est un reflet de la concentration sanguine moyenne depuis la dernière traite.
 

De nouvelles recherches confirment la fourchette idéale pour l’urée du lait

En intégrant les résultats d’urée aux données sur la production et l’alimentation, on dispose d’une banque de données unique au monde, qui nous permet de faire un peu de lumière sur les facteurs qui affectent la concentration d’urée dans le lait et les niveaux optimaux.
L’urée du lait constitue un bon indicateur de l’efficacité d’utilisation de la protéine de la ration. Plus la
concentration d’urée est élevée, plus grande est la proportion de protéine alimentaire qui est gaspillée et plus l’excrétion d’azote urinaire est élevée.
 

Variation selon la parité et le stade de lactation

Nous avons également évalué l’effet de la parité et du stade de lactation sur l’urée du lait. Ces effets sont illustrés au graphique 1. On y constate d’abord que les primipares présentent une concentration moyenne d’urée d’environ 1 mg N/dL inférieure aux vaches de parité multiple. Une consommation de matière sèche plus faible, de même qu’un métabolisme protéique différent en raison de la croissance qui se poursuit, expliquent probablement cette différence. Quant au stade de lactation, l’effet est le même, quel que soit le numéro de lactation: la concentration est plus basse en début de lactation et atteint un plateau vers le 4e mois de lactation. L’évolution de la consommation de matière sèche et les rations plus riches en grains sont à l’origine de cet effet.

 

Concentration optimale

Le graphique 2 montre que la production de lait et de protéine est maximisée à l’intérieur de la plage de concentration d’urée du lait comprise entre 8 et 14 mg N/dL. Par conséquent, il s’agit là des nouvelles valeurs visées (antérieurement, on estimait la plage idéale entre 10 et 16). Des valeurs plus basses que huit ne permettent pas de maximiser la production et révèlent probablement un manque de protéine disponible au rumen. À l’opposé, des valeurs plus élevées que 14 ne supportent pas une production plus élevée.
 
 
Elles révèlent une utilisation non optimisée de la protéine alimentaire, et par conséquent, des rejets azotés plus importants. Des analyses plus détaillées nous révèlent également, sans surprise, que les vaches en début de lactation (100 jours et moins) répondent un peu mieux à une teneur élevée en urée du lait que les vaches plus avancées en lactation. Les données indiquent également que la plage optimale est probablement légèrement plus élevée pour les races de couleur.
 
 
Article écrit par STEVE ADAM, agr., expert en production laitière – confort, comportement et bien-être, R&D Valacta