Mario_Seguin_1
L'évolution de la production laitière québécoiseVolume Numéro 14 mai 2020

Ferme Denijos inc.: La somme d'un travail rigoureux

Ferme Denijos inc.: La somme d'un travail rigoureux
Partage

Certifiée bio en 2001, la Ferme Denijos inc. de Saint-Cyprien-de-Rivière-du-Loup compte parmi les 20 premiers producteurs de lait certifiés au Québec. Bryan Denis a acquis toutes les parts de la ferme de son père en 2018 et continue de perfectionner les opérations. Il a atteint le troisième rang national des meilleurs troupeaux selon l’IPT dans la catégorie lait bio au cours des deux dernières années.

PORTRAIT DE LA FERME

  • Propriétaire : Bryan Denis.
  • Nombre d’acres : 340.
  • Cultures principales : céréales et prairies en rotation. Céréales : mélange d’orge, blé et pois. Prairies : luzerne, trèfle, fléole des prés, dactyle.  
  • Nombre de têtes : 95 têtes, 60  vaches, toutes en stabulation libre.
  • Main-d’œuvre : Régis, le père de Bryan; Julie, sa conjointe, qui s’occupe de l’administration; un travailleur saisonnier et une employée les fi ns de semaines.

UNE FORTE IMPLICATION DANS LE MONDE AGRICOLE

Bryan est une personnalité impliquée dans le monde agricole. Actuellement président du syndicat des producteurs de lait bio du Québec et administrateur au syndicat régional des producteurs de lait, il a siégé sur de nombreux comités de la relève agricole et de l’UPA. Ses implications ne sont pas un frein à une fine gestion du troupeau et de sa ferme certifiée lait bio.

L’IMPORTANCE DU CONTRÔLE LAITIER

Pour Bryan, les données du contrôle laitier et l’appui de sa conseillère Lactanet sont des atouts incontournables pour progresser : « J’utilise toutes les options du contrôle » affirme Bryan. Les rapports CCS, GestaLab, Indice de transitionMD, Cétolab, Uréelab sont scrutés régulièrement. La carte de régie reçoit de l’attention en début d’année pour pouvoir se comparer aux années précédentes. Avide d’innovation, Bryan consulte le nouveau rapport PROFILab qui lui permet plus de proactivité dans la formulation des rations. Il a également débuté la consultation des données génétiques du troupeau avec la boussole Compass.

Pour gérer la reproduction, la médecine préventive est intercalée aux cinq semaines entre les contrôles et il alterne les diagnostics de gestation du vétérinaire avec ceux de GestaLab.

La conseillère Valérie Meunier lui apporte des conseils aux cinq semaines : la planification laitière et le suivi des rations sont ses principales tâches. Les vaches sont alimentées avec une RPM de fourrages hachés depuis 2016. L’achat de deux stations d’alimentation individuelles qui offrent du Trituro (tourteau de soya), du maïs grain et des grains mélangés a été très bénéfique. Cet équipement a contribué à réduire les coûts d’alimentation, à améliorer la fertilité des vaches et à procurer une augmentation de la production de 0,2 kg de gras par vache par jour. La mesure des états de chair et l’analyse des fourrages de tous les champs pour optimiser les mélanges contribue à raffiner les rations individuelles en réduisant leur coût.

Station d'alimentation individuelle
Deux stations d’alimentation individuelles offrent du Trituro (tourteau de soya), du maïs grain et des grains mélangés. Elles ont fortement contribué à réduire le coût des concentrés et à améliorer la production et la reproduction du troupeau.

« Le contrôle des cellules somatiques du troupeau, c’est le nerf de la guerre en production laitière biologique, concède Bryan, tout comme le contrôle des mauvaises herbes l’est aux champs ». Bryan se dit satisfait de la santé du pis pour les vaches en stabulation libre. Les vaches sont classées en deux groupes distincts avant chaque traite selon leur niveau de CS, une tâche de quelques minutes qu’il juge essentielle. Les outils pour combattre les infections en production laitière bio sont limités au bain de trayons et au scellant de trayons aux vaches taries.

LA SÉLECTION GÉNÉTIQUE

« J’opte pour la prévention par l’amélioration génétique » précise Bryan qui applique des critères stricts de sélection des taureaux selon l’indice de fertilité des filles et le comptage des cellules somatiques. Les croisements de races essayés à la ferme il y a quelques années n’ont pas procuré les résultats escomptés. Par contre, Bryan constate les différences de santé et fertilité de ses vaches selon le niveau génétique du père. Le taux de gras, le système mammaire, la profondeur des talons et la position des membres vues de l’arrière sont les autres caractères privilégiés par Bryan.

Ce graphique issu de la boussole Compass démontre l’intensité de sélection de l’indice Fertilité des filles effectuée par Bryan. Le troupeau s’est classé plusieurs années consécutives parmi les meilleurs 10 % des troupeaux canadiens selon l’année de naissance des génisses enregistrées.

Fertilité des filles

L’IMPORTANCE DES CHAMPS

La mentalité de Bryan sur la gestion des champs a aussi évolué depuis quelques années. Il optimise la rotation des cultures et apporte de nouveaux amendements pour fertiliser le sol : en plus du fumier de son troupeau, il ajoute du lisier et de la litière d’élevage de porcs biologiques. « Des sols plus riches vont améliorer le départ des cultures et limiter l’espace pour des mauvaises herbes » affirme Bryan.

SE MAINTENIR PARMI LES MEILLEURS

Bryan est fier de voir son troupeau se hisser parmi les trois meilleurs troupeaux bio depuis deux ans et de frôler son objectif d’atteindre 900 points d’IPT. Selon lui, ce résultat est la somme du travail constant et de l’attention aux détails dans toutes les sphères de l’entreprise : les effets bénéfiques du travail rigoureux s’additionnent (1 + 1 + 1…). Il vise à maintenir son troupeau parmi les cinq meilleurs canadiens selon l’IPT à chaque année et à décrocher le premier rang national en production bio.

7