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Revue Le producteur de lait québécoisVolume Numéro Avril 202014 avril 2020
Julie BaillargeonM.Sc, agr.

FIATÉ, pour des travailleurs étrangers de confiance

FIATÉ, pour des travailleurs étrangers de confiance
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Article écrit en collaboration avec OMAR SANDOVAL CAYCEDO, agr., conseiller, service FIATÉ, Lactanet

Comme de plus en plus de producteurs laitiers au Québec/Canada, Serge Boivin a choisi de faire appel à des travailleurs étrangers temporaires. Pour assurer leur intégration et leur capacité à travailler aussi rapidement que possible, il a fait appel au service de Formation pour l’intégration et l’accompagnement des travailleurs étrangers offert par Lactanet.

Quel que soit le secteur de l’entreprise, de bonnes pratiques d’accueil et d’intégration des nouveaux employés favorisent la motivation et assurent le développement des compétences. Loin d’être évident à réussir quand la barrière de la langue limite les communications.

« C’était ma crainte principale au moment de faire la demande pour recevoir des travailleurs étrangers temporaires », avoue Serge Boivin, copropriétaire de la Ferme Juar inc. avec sa conjointe Annie Lévesque.
Lors d’une visite de sa conseillère Lactanet, il lui partage ses appréhensions. « Je voulais, dit-il, m’assurer de bien les intégrer dans l’équipe et qu’ils connaissent bien le rôle de chacun en partant. Je ne voulais pas que ça prenne des mois pour qu’ils soient à l’aise dans leur travail, je voulais qu’ils soient opérationnels le plus rapidement possible ».

Favoriser l'intégration

Sa conseillère lui parle du service FIATÉ offert par Lactanet. En espagnol, « FIATE » signifie « Sois digne de confiance ». En français, c’est l’acronyme de Formation pour l’intégration et l’accompagnement des travailleurs étrangers. Sensible aux défis que vivent les travailleurs étrangers et leurs employeurs, Omar Sandoval Caycedo a développé une approche d’accompagnement technique et humaine qui leur permet une intégration harmonieuse à l’équipe de la ferme.

Colombien d’origine, Omar a lui-même vécu l’expérience de devoir s’intégrer à la vie au Québec tout en étant confronté à la barrière de la langue. Depuis son arrivée en 2011, il a occupé les fonctions de technicien en production laitière, et depuis 2019, il est conseiller pour le service FIATE chez Valacta/Lactanet.

Tous les jours, il sillonne les rangs à la rencontre des producteurs laitiers, chez qui il supervise le contrôle laitier. En 2019, il réussit l’examen de l’Ordre des agronomes du Québec. Omar est également reconnu comme dispensateur de services pour le réseau Agriconseils.

Bien intégré, vous dites? Devant un travailleur étranger qui débarque du Guatemala et met le pied dans une étable laitière pour la première fois, disons qu’Omar sait choisir les mots.

« C’était une expérience très émotive », nous a raconté Edgar à propos de son arrivée comme travailleur étranger temporaire pour la première fois. « Quand je suis parti du Guatemala, dit-il, j’avais peur. Je ne savais pas ce que j’allais trouver en arrivant au Québec, mon nouveau lieu de travail… Je demandais à Dieu de rencontrer un bon patron et des collègues prêts à m’aider à faire les choses correctement au travail. »

Les prières d’Edgar sont exaucées. À leur arrivée à l’aéroport de Montréal en octobre, lui et son compatriote Hébert sont chaleureusement accueillis par Serge et Annie.

Serge explique : « On a essayé de se mettre dans leur peau. Tu ne connais pas les deux étrangers qui viennent te chercher, tu n’as aucun repère, impossible de communiquer… ça doit être stressant. » Aussitôt dans la voiture, Serge appelle Omar en mode mains libres, et celui-ci répond : « No se preocupen, mañana estaré con ustedes en la granja, conmigo podrán hacerle todas las preguntas que tengan de lo que va a ser su vida aquí y todo sobre su nuevo trabajo!1 »

Miser sur la formation

À l’aurore le lendemain, Omar est à Coaticook pour une journée intensive de formation des deux nouveaux membres de l’équipe principalement affectés à la traite des 150 vaches du troupeau. « Nous avions eu quelques discussions au préalable avec Omar pour qu’il soit au fait de nos façons de faire, de nos priorités et de nos objectifs », précise Serge.

À la fin de la journée, Edgar et Hébert sont en mesure d’utiliser les équipements et d’appliquer une méthode de traite dans les règles de l’art. « Je savais déjà comment traire les vaches, mais je ne savais pas pourquoi je devais respecter chaque étape du processus de traite et quel serait l’impact si je ne le faisais pas », révèle Hébert, qui en est à son 2e séjour dans une ferme laitière québécoise.

« Serge nous tient au courant de notre évolution au travail et nous montre régulièrement les résultats des cellules somatiques et des bactéries, des concepts que nous avons pu comprendre grâce aux explications d’Omar », affirment les deux travailleurs enthousiastes. Et l’impact de la qualité de leur travail se fait concrètement sentir sur les performances du troupeau. À preuve, l’entreprise réussit maintenant à obtenir jusqu’à la deuxième prime depuis leur entrée en fonction. Edgar et Hébert se réjouissent : « Nous aimons que notre patron ait de bons résultats, car si tout se passe bien pour lui, nous en profitons tous. »

Pour Edgar et Hébert, la formation FIATÉ dans leur langue maternelle est le plus beau cadeau que pouvaient leur offrir Annie et Serge. « Je ne savais rien de la production laitière spécialisée au Canada. Chez nous, on trait à la main et il n’y a ni technologie, ni génétique et encore moins les normes que vous avez ici », nous dit Edgar.

Grâce à l’implication d’Omar et à la formation FIATÉ, Serge a le sentiment d’avoir réussi l’intégration de sa nouvelle main-d’oeuvre sur des bases solides. Pour lui, l’argent investi dans cette formation est un investissement qui dépasse largement ses attentes. « Ils sont motivés et qualifiés. J’ai vu deux personnes en confiance après le départ d’Omar », dit-il pour conclure.

En confiance dites-vous? Oui, c’est ça FIATÉ!

De gauche à droite: Edgar Ramirez, Omar Sandoval, Hebert Castillo, Serge Boivin (propriétaire) et sa nièce Kaila Boivin qui sera très probablement un élément important de l'avenir de la ferme Juar.

1 Ne vous inquiétez pas, demain je serai à la ferme avec vous. Vous pourrez me poser toutes vos questions sur la vie ici et à propos de votre nouvel emploi.

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