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ArticleVolume Numéro 19 juillet 2019

L’écornage par modification des gènes : acceptable ou non ?

L’écornage par modification des gènes : acceptable ou non ?
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L’écornage des bovins en Amérique du Nord est une pratique courante dans l’industrie car les cornes peuvent causer des blessures aux travailleurs ainsi qu’à leurs congénères. De nouvelles méthodes ont fait leur apparition, comme celle par modification des gènes, suscitant des réflexions et analyses essentielles.

Comment procède-t-on pour l’écornage traditionnel?

L’écornage s’effectue principalement par le brûlage des bourgeons en jeune âge. C’est une opération douloureuse pour le veau et cette pratique est remise en question d’un point de vue du bien-être animal. Compte tenu de cette réalité, il est maintenant obligatoire de contrôler la douleur lors de cette intervention. De plus, cette procédure est une exigence du programme ProAction, une certification obligatoire canadienne. Cependant, dans certains pays, aucun antidouleur n’est administré aux animaux.

Le gène acère

Le gène acère (sans cornes) existe dans certaines lignées d’animaux et cela serait présentement utilisé dans les stratégies de reproduction. Par contre, cette façon de faire ne répond peut-être pas toujours aux stratégies génétiques des entreprises. Des chercheurs ont réussi à isoler ces gènes et à modifier le code génétique de n’importe quel animal pour le rendre acère, permettant de résoudre le problème de la pratique de l’écornage à la ferme. Du coup, le bien-être des animaux s’en trouve amélioré.

Cette solution est peut-être légitime, mais les sujets de modification génétique ou d’organismes génétiquement modifiés n’ont pas vraiment la cote auprès du public en général.

Résultats d’une étude

Une équipe de chercheurs de la Colombie-Britannique a analysé l’attitude des gens envers cette technologie de « reproduction de précision ».

Dans cette étude de McConnachie, 434 américains ont été sondés à propos de cette pratique. Voici les principaux résultats :

  • Près de 66 % des gens voyaient d’un bon œil cette façon de faire tandis que 23 % considéraient que cette pratique était mauvaise ;
  • Seulement 22,6 % des répondants ont affirmé qu’ils ne consommeraient pas des produits d’animaux issus de cette technologie alors que 66 % mentionnaient qu’ils en consommeraient.

De votre côté?

Parmi les explications fournies avec les réponses, on peut voir que les personnes favorables à cette technique le sont pour des raisons de bien-être animal, de bien-être du travailleur ou pour des motifs économiques. La question de l’acceptabilité sociale demeure toutefois importante. Ce n’est pas simple de trouver des solutions qui font l’unanimité!

Seriez-vous prêts à adopter cette pratique et à consommer des aliments provenant d’animaux acères génétiquement modifiés ?

 

Source : McConnachie E, Hötzel MJ, Robbins JA, Shriver A, Weary DM, Von Keyserlingk MAG (2019) Public attitudes towards genetically modified polled cattle. PLoS ONE 14(5):e0216542.https://doi.org/10.1371/journal.pone.0216542

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