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ArticleVolume Numéro 9 avril 2019

Les composants des robots au contrôle laitier, c’est pour bientôt?

Les composants des robots au contrôle laitier, c’est pour bientôt?
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Cette question est souvent posée par les producteurs laitiers équipés de systèmes de traite qui génèrent des valeurs de composants et de CCS du lait. L’industrie canadienne en est bien consciente et est passée à l’action pour utiliser ces données des systèmes à la ferme. Pour répondre à la question, voici un petit résumé du dossier…avec les développements récents.  

Les capteurs de composants du lait ne sont pas approuvés par ICAR

À l’échelle internationale, les données de production utilisées pour la publication de lactations et le calcul des évaluations génétiques sont toutes issues d’agences de contrôle laitier membres d’ICAR, le Comité international pour le contrôle des performances en élevage. ICAR est responsable de l’approbation des lactomètres de mesures des quantités de lait. Il a aussi développé des lignes directrices visant l’approbation de capteurs électroniques à la ferme qui mesurent notamment les composants et les CCS du lait.

La plupart des systèmes robotisés ont reçu l’approbation ICAR pour la mesure de la quantité de lait. Toutefois, ce n’est pas le cas pour les capteurs de composants du lait qui n’ont pas reçu à ce jour l’approbation ICAR. Ils ont été conçus pour offrir des données visant la gestion du troupeau et ils sont qualifiés d’indicateurs de composants.

Aucun pays n’utilise les données des capteurs de composants pour les évaluations génétiques.

Prenons l'exemple des Pays-Bas où 88 % des troupeaux sont inscrits à un programme de contrôle laitier. Avec plus de 20 % des troupeaux qui sont en traite robotisée et malgré le fait que plusieurs fabricants de robots y sont basés, ce pays requiert toujours l’échantillonnage du lait pour les troupeaux inscrits au contrôle.

Une première utilisation des données de composants des robots aux États-Unis

Une percée à leur utilisation a été initiée par Holstein USA l’an dernier. L’association nationale a mis en place le service AMR (Automate Milk Records) qui recueille des données de production des systèmes robotisés, soit des cumulatifs de lactation pour le lait, le gras et la protéine. Les données générées par ce service visent uniquement la publication de relevés de lactation sur les généalogies. Le code AMR identifie clairement chacune des lactations et celles portant ce code ne sont pas utilisées pour les évaluations génétiques ni pour les programmes de reconnaissance de Holstein USA.  

Oui, Valacta récupère les données des systèmes de traite informatisés.

Valacta est en mesure de récupérer électroniquement des données de systèmes de traite depuis maintenant douze ans, grâce au logiciel Ori-Automate (et sa version précédente Trans-D). Ce dernier est compatible avec toutes les marques de systèmes de traite.

L’éventail des données qui peuvent être récupérées dépend de la programmation du logiciel utilisé par chaque fabricant.

Certaines données peuvent être récupérées des systèmes d’une marque, mais pas de ceux d’une autre marque. La plupart des données requises pour compléter un contrôle laitier peuvent être récupérées de tous les systèmes. Toutefois, les données générées par les capteurs de composants ne sont pas récupérables par ce mode de transfert.

Une nouvelle offre de contrôle laitier électronique à venir

Au cours de la dernière année, Valacta a travaillé aux développements informatiques d’une offre de service de contrôle laitier électronique. Ce service inclura notamment l’option d’utiliser les résultats de composants fournis par les capteurs dont sont équipés certains systèmes de traite. Les modifications nécessaires ont été faites à la base de données nationale pour indiquer la provenance des résultats des composants afin de préciser si elles proviennent d’un laboratoire accrédité ou d’un système à la ferme. Ceci permettra l’utilisation appropriée de ces données pour les rapports de gestion de troupeau, les évaluations génétiques et les reconnaissances.

Une stratégie canadienne en développement

Le comité des Normes de l’industrie du Réseau laitier canadien a tenu sa dernière réunion en janvier dernier. Le principal point à l’ordre du jour concernait l’élaboration de normes en vue de la publication de relevés de lactation issus de pesées de lait recueillies électroniquement, sans visite à la ferme.

Il a été proposé qu’un relevé de lactation publiable puisse inclure l’information liée à la production de lait seulement, soit les rendements en kg ainsi que les MCR et les informations générales comme la date du vêlage, l’âge de l’animal et la parité. Cette proposition faciliterait la mise en place d’un service de contrôle laitier électronique sans exiger l’analyse du lait en laboratoire comme c’est le cas actuellement.  

Le Comité a aussi envisagé la possibilité d’inclure les résultats des composants de gras et de protéine provenant des capteurs de systèmes de traite à la ferme pour le calcul de relevés de lactation. Actuellement, ces données ne sont pas considérées aux fins de publication puisque les capteurs ne sont pas certifiés par (ICAR), conformément à ses lignes directrices actuelles sur les capteurs de composants à la ferme. Le comité demeure à l’affût d’études qui pourraient justifier l’utilisation de ces données selon les objectifs de publication et/ou d’évaluations génétiques.   

Plusieurs autres détails de cette réunion sont disponibles dans le Sommaire de la rencontre du comité des normes de janvier 2019.  

Alors c’est pour bientôt?

Les développements de nouvelles normes et les processus de transferts de données d’un service de contrôle laitier électronique sont priorisés par l’industrie canadienne. En attendant l’approbation ICAR des capteurs à la ferme ou les conclusions favorables d'études indépendantes, les contrôles laitiers visent, dans un proche avenir, à recueillir les valeurs de composants et CCS du lait issue des capteurs à des fins de gestion des troupeaux, ce pour quoi elles ont été conçues. Ce nouveau service de contrôle laitier électronique facilitera l’adhésion des troupeaux au contrôle laitier qui disposent de logiciels de traite afin qu’ils contribuent aux données nationales pour les évaluations génétiques.

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